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Un agent public sur cinq exercerait un métier exposé à l'IA, selon la DRH de l'État

Publiée le 19 octobre, la revue stratégique de la fonction publique estime à 1,1 million le nombre d'agents concernés. Elle mise sur des tâches transformées plutôt que supprimées, et sur la réinternalisation du numérique.

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Classer des documents, extraire des données, chercher une information, repérer une fraude : selon la direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), ce sont les premiers usages de l'intelligence artificielle dans les services publics. Ils font gagner du temps et de la qualité. Mais, prévient-elle, aucune économie budgétaire immédiate n'a encore été démontrée.

Ce constat figure dans la synthèse de la « revue stratégique de la fonction publique 2035-2050 », publiée le 19 octobre par la DGAFP, la DRH de l'État. Selon le Journal du Net, le document doit éclairer les choix du prochain président de la République. L'IA n'y occupe que quelques pages, mais elles contiennent un chiffre : près de 20 % des agents publics, soit 1,1 million de personnes, exerceraient des métiers « significativement concernés ».

Qui est exposé, et d'où vient ce chiffre ?

L'estimation ne vient pas de la DGAFP elle-même. Elle reprend un rapport de 2026 des inspections générales des finances, des affaires sociales et de l'administration (IGF, IGAS et IGA) sur le déploiement de l'IA dans les administrations. Ce rapport applique aux agents publics la grille d'exposition des métiers établie par l'Organisation internationale du travail (OIT). Résultat : environ la moitié des agents seraient très peu exposés. Les métiers les plus concernés se trouvent surtout dans les fonctions administratives et de support. Une partie des effectifs, dont les militaires, absents de la grille de l'OIT, n'a pas été évaluée.

La DGAFP n'y parle pas de suppressions de postes. Selon les travaux les plus récents, écrit-elle, l'IA « transformerait davantage les tâches que les métiers dans leur ensemble ». Le temps libéré pourrait être redéployé vers « l'expertise, le contrôle et la relation aux usagers », à condition d'organiser des formations, des mobilités et des reconversions. Le recrutement devrait évoluer lui aussi, par exemple pour privilégier « l'esprit critique sur la capacité de synthèse ».

Quand l'IA intervient dans des décisions individuelles, la DGAFP pose des conditions : une supervision humaine, de la transparence et des garanties contre les discriminations.

Le guichet ne disparaîtra pas

Le document rappelle que 82 % des démarches se font désormais en ligne, mais que 44 % des Français déclarent encore avoir du mal à les accomplir, selon un rapport du Sénat de 2025. Un accueil humain, physique ou téléphonique, reste donc « indispensable », surtout pour les publics fragiles et les situations complexes. Le numérique doit d'abord permettre aux agents de consacrer plus de temps à chaque dossier.

L'État trop dépendant de ses prestataires informatiques

Autre message, plus inattendu dans un texte consacré aux ressources humaines : l'État dépend trop de ses prestataires. Pour chaque projet numérique, la direction interministérielle du numérique (Dinum) préconise qu'au moins 37 % des emplois soient internes. Selon une étude de la Cour des comptes de 2020 citée par le rapport, la moyenne serait de 65 %, tous pays et tous secteurs confondus. Pour la DGAFP, cette dépendance entraîne des surcoûts, une perte de mémoire technique et une moindre maîtrise stratégique. Reconstruire des filières numériques durables relève, selon elle, de la souveraineté.

Elle cite l'exemple de l'Espagne. Le pays a consacré 2,6 milliards d'euros à un plan de numérisation de ses administrations sur 2021-2025. Pour 2026, il prévoit 1 700 places dans ses corps de fonctionnaires du numérique, 42 % de plus que lors de la session précédente, avec pour la première fois des spécialités en IA, en cybersécurité et en science des données.

Ces pistes s'inscrivent dans un diagnostic plus large : 5,85 millions d'agents, dont 38 % ont plus de 50 ans, et des concours qui attirent moins. Selon le Journal du Net, le directeur général de la DGAFP, Boris Melmoux-Eude, juge que la fonction publique est « dans une situation d'urgence ». Le privé se pose les mêmes questions : même les entreprises de l'IA recrutent moins de débutants, comme le reconnaît Anthropic. Reste à savoir si le prochain gouvernement financera les formations que le rapport juge nécessaires.

Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.

#Emploi #Fonction publique #IA générative #Souveraineté numérique

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