Microsoft dévoile une IA de 2 800 milliards de paramètres que personne ne peut encore utiliser
Microsoft AI a annoncé le 15 octobre la fin du pré-entraînement de MAI-Base-2. Les gains d'efficacité sont estimés par Microsoft lui-même, et le modèle sera réservé à des partenaires choisis.

Seize mille processeurs graphiques GB200 de NVIDIA, trente-huit jours de calcul en août et septembre 2026. C'est ce qu'il a fallu à Microsoft AI, la division d'IA de Microsoft, pour pré-entraîner MAI-Base-2, présenté le 15 octobre dans un billet technique.
Le modèle compte 2 800 milliards de paramètres au total, dont 80 milliards actifs à chaque mot traité. Il repose sur une architecture à « mélange d'experts » : seule une partie du réseau travaille pour chaque élément de texte, ce qui réduit le coût de calcul.
Plus efficace que DeepSeek ? Selon Microsoft
L'éditeur affirme que sa méthode d'entraînement serait de 4,2 à 12,3 fois plus efficace en calcul que celle de DeepSeek-V4-Pro-Base, le modèle de base à poids ouverts le plus performant selon lui. Le gain atteindrait 6,3 à 12,7 fois par rapport à son prédécesseur, MAI-Base-1.
Ces chiffres sont des estimations, pas des mesures directes. Microsoft a tracé, sur quatre jeux de tests non publiés, la courbe qui relie la puissance de calcul à la qualité de prédiction du modèle, puis en a déduit le calcul nécessaire pour égaler DeepSeek. Les tests de code viennent de son propre code source. Les tests de sciences, de mathématiques et de questions-réponses ont été commandés à des prestataires.
Le billet reconnaît une limite : face à Kimi K3, Qwen3.8 ou MiMo-V2.6, Microsoft n'a pu comparer qu'avec des versions déjà affinées, ce qui peut fausser les résultats. Le site spécialisé byteiota juge la comparaison peu équitable. Aucune évaluation indépendante n'est disponible à ce jour.
Que contient le modèle ?
MAI-Base-2 a été entraîné sur un mélange de 50 000 milliards d'éléments de texte (tokens), dont 18 % de données mêlant texte et images, avec des données web arrêtées en mars 2026. Microsoft assure que son pré-entraînement repose sur des données « organiques », sans distillation d'autres modèles. Son robot d'indexation respecterait le fichier robots.txt, par lequel les sites refusent la collecte. Le billet n'aborde pas la question du droit d'auteur.
Pourquoi vous ne pourrez pas l'essayer
MAI-Base-2 est un modèle de base. Il doit encore passer par l'étape d'affinage qui en fera un assistant utilisable. Microsoft n'annonce ni date, ni prix, ni accès public. Il prévoit de concéder les poids sous licence à des « partenaires de confiance » via Foundry, sa plateforme pour entreprises. Ce n'est donc pas un modèle ouvert.
Le contraste est net avec NVIDIA ou Meta, qui publient leurs poids. Pour une DSI européenne, l'annonce surtout stratégique dit une chose : Microsoft veut ses propres modèles de pointe et maîtriser toute leur chaîne de fabrication. Microsoft dit déjà préparer MAI-Base-3. Les vrais tests viendront avec la version affinée, si des évaluateurs indépendants y ont accès.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE.
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