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Meta efface aux États-Unis la mention de l'entraînement de l'IA sur les sites des annonceurs

Ces conditions commerciales entrent en vigueur le 30 octobre. Le 18 octobre au soir, leur version britannique contenait encore la phrase. Ce que les sites concernés peuvent faire.

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Le 17 octobre, The Verge rapporte qu'une phrase a disparu de la page des conditions commerciales de Meta. Elle permettait à l'entreprise d'utiliser le contenu des sites web liés à ses comptes professionnels pour, entre autres, « entraîner » ses produits. Mais elle n'a pas disparu partout : le lendemain soir, la version britannique du même texte la contenait toujours.

L'affaire part de Nieman Lab, le site consacré aux médias de la fondation Nieman de l'université Harvard. Le 15 octobre, il révèle que les nouvelles conditions commerciales de Meta, qui entrent en vigueur le 30 octobre, autorisent ses robots à explorer les « domaines, pages web ou URL » associés aux comptes professionnels Facebook, Instagram ou WhatsApp. Le texte autorise aussi Meta à utiliser ce contenu pour « fournir, développer, améliorer, rechercher, entraîner » ses produits. Nous avions détaillé ce que cela impliquait pour les annonceurs et les éditeurs de sites.

Meta parle d'une simple clarification

Trois juristes consultés par Nieman Lab estimaient que ce texte permettrait à Meta de soutenir qu'il n'a besoin d'aucune licence pour entraîner ses modèles sur des sites d'information. L'avocat Matt Topic, du cabinet Loevy & Loevy, y voyait un accès à des contenus dont la licence coûterait de nombreux millions, même s'il jugeait incertain qu'un tribunal donne raison à Meta.

Meta a d'abord contesté. Le 16 octobre, son porte-parole Andy Stone a écrit sur X que rien ne changeait dans la façon dont l'entreprise utilise ses robots d'exploration. Le 17, selon The Verge, la phrase sur l'entraînement avait disparu. Un autre porte-parole, Daniel Roberts, a expliqué au média américain que ces règles ne concernaient que les produits publicitaires et professionnels de Meta, et que l'entreprise l'avait « clarifié » dans le texte. Selon lui, la mise à jour ne donne pas à Meta le droit d'ignorer le fichier robots.txt, qui indique aux robots les pages qu'ils peuvent visiter.

Quelle version s'appliquera le 30 octobre ?

Le site Elsop a comparé les versions anglaises. Dans la version américaine relevée le 17 octobre, l'autorisation d'explorer vise désormais les « produits publicitaires et professionnels » et la sécurité des services de Meta. La liste des usages garde toutefois « développer, améliorer, rechercher », sans exclure explicitement l'entraînement. Elsop n'en tire aucune conclusion juridique.

La version britannique dit autre chose. Elle contenait encore la phrase complète le 17 octobre selon Elsop, puis le 18 octobre à 20 h 44 (heure UTC) selon le site spécialisé PPC Land. Celui-ci n'y trouvait ni limitation aux produits publicitaires ni mention du robots.txt. Nous n'avons pas pu vérifier la version française. Elsop relève aussi que les conditions publicitaires en libre-service, en vigueur depuis août 2025, autorisent déjà Meta à explorer le contenu d'un annonceur pour la « recherche et l'entraînement » lorsqu'il passe commande.

Ce que peuvent faire les annonceurs et les éditeurs

Aucune case à cocher ne permet de refuser : selon le texte, la seule issue est de cesser d'utiliser les produits de Meta à des fins commerciales. Il reste le fichier robots.txt, que Meta dit respecter.

  • Avant le 30 octobre, relisez la version des conditions qui s'applique à votre compte et gardez-en une copie datée.
  • Dans sa documentation, Meta décrit le robot meta-externalagent comme celui qui collecte notamment pour entraîner ses modèles d'IA, et meta-externalads comme celui des produits publicitaires. Les règles du robots.txt s'appliquent robot par robot : bloquer l'un n'arrête pas l'autre.
  • Selon cette même documentation, deux autres robots de Meta sont susceptibles de passer outre le robots.txt : celui qui récupère une page à la demande d'un utilisateur, et celui qui sert aux vérifications de sécurité.

Il reste onze jours à Meta pour publier un texte identique dans toutes ses versions. D'ici là, une question demeure : le 30 octobre, quelle phrase s'appliquera aux annonceurs européens ?

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