Pourquoi un centre de données d'IA prévu pour Microsoft en Angleterre risque de rester sans courant
Le site anglais de Nscale devait accueillir 23 000 puces Nvidia pour Microsoft. Ce retrait, révélé le 18 octobre, tombe mal pour la jeune pousse britannique, qui prépare son entrée en Bourse.

Le site devait accueillir quelque 23 000 processeurs graphiques Nvidia pour les services d'IA de Microsoft. À Loughton, dans l'Essex, au nord-est de Londres, la jeune pousse britannique Nscale va désormais devoir trouver un autre client. Le 18 octobre, le quotidien The Telegraph a révélé que Microsoft renonçait à occuper ce centre de données. L'information a été relayée par Bloomberg, et Nscale a réagi par un communiqué.
Aucune des deux entreprises n'a donné de raison, et Microsoft n'a pas commenté. Mais le projet traîne un problème connu : selon The Next Web, les autorités du réseau électrique ont prévenu Nscale de ne pas compter sur un raccordement avant les années 2030.
Un contrat géant annoncé il y a un an
En octobre 2025, Nscale et Microsoft avaient annoncé un accord portant sur environ 200 000 puces Nvidia GB300, réparties sur quatre sites : Loughton en Angleterre, Sines au Portugal, Narvik en Norvège et un site au Texas, rapportait alors TechCrunch. Pour Loughton, les livraisons devaient commencer en 2027.
Nscale assure aujourd'hui que sa relation avec Microsoft reste « solide et de long terme ». Selon elle, ce problème de réseau, qui toucherait toute la région de Londres, n'a aucun effet sur ses autres contrats. L'entreprise se dit toujours engagée sur Loughton et étudie d'autres sources d'électricité, ainsi que d'autres sites au Royaume-Uni.
Un coup dur avant l'entrée en Bourse
Le moment est délicat. Nscale prépare une introduction en Bourse à New York pour lever jusqu'à 3 milliards de dollars, peut-être dès ce mois d'octobre. D'après son propre document d'introduction, Microsoft et Anthropic représentent environ 85 % de ses contrats. Anthropic s'est engagée en août à y dépenser 45 milliards de dollars sur six ans, selon The Next Web.
D'autres signaux inquiètent les investisseurs. Bloomberg rapporte que le site norvégien de Nscale, présenté comme son vaisseau amiral, a six mois de retard : 6,4 mégawatts y sont en service sur les 30 prévus. Le climat boursier n'aide pas non plus : l'action de CoreWeave, autre loueur de calcul spécialisé dans l'IA, a perdu 25 % en une semaine, et l'australien Firmus a renoncé à sa cotation faute d'investisseurs.
Ce que cela rappelle aux acheteurs de calcul
Pour une entreprise européenne qui cherche de la capacité de calcul pour l'IA, la leçon est très concrète : une capacité annoncée n'est pas une capacité branchée. Avant de signer, il vaut la peine de poser quelques questions simples au fournisseur : où en est le raccordement électrique du site, combien de mégawatts sont réellement en service aujourd'hui, et quelle solution de repli est prévue en cas de retard. Ces questions d'énergie pèsent aussi sur les acteurs européens, à l'image de Scaleway, qui installe son premier supercalculateur hors de France en Suède.
Reste à savoir qui reprendra la capacité de Loughton, et si les investisseurs suivront Nscale malgré le retrait de l'un de ses deux plus gros clients.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.
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