OVHcloud veut concurrencer Mistral avec sa propre IA, sans dire quand elle sortira
En open source fin novembre selon La Tribune, début 2027 selon Reuters : ce que l'on sait du premier modèle d'IA de l'hébergeur français, qui vise le code, les agents et la cybersécurité.

Le 20 octobre, jour de ses résultats annuels, Octave Klaba a parlé deux fois de la même intelligence artificielle. Au quotidien La Tribune, le fondateur et PDG d'OVHcloud a déclaré que l'hébergeur terminait l'entraînement de la première version de son grand modèle de langage et pensait la publier en open source « fin novembre ». À l'agence Reuters, il a évoqué un lancement début 2027, sans parler d'open source.
Les deux déclarations ne s'excluent pas forcément, une publication des poids pouvant précéder une offre commerciale, mais OVHcloud n'a pas précisé laquelle fait foi. Une chose est sûre : l'hébergeur français veut entrer sur le terrain de Mistral AI.
Ce que l'on sait du modèle
Peu de chose. Ni nom, ni taille, ni résultat de test n'ont été publiés. Selon Reuters, le modèle repose sur une architecture à « mélange d'experts » : pour chaque requête, seule une partie de ses sous-réseaux spécialisés est sollicitée, ce qui réduit le calcul nécessaire. Octave Klaba le décrit à La Tribune comme « différent des autres, et très en avance sur son temps, sur le plan de l'architecture ». Une promesse qu'aucune évaluation indépendante ne permet encore de vérifier. Le développement a commencé sur Jupiter, le supercalculateur européen.
Les cibles annoncées sont le code, les agents (finance, ressources humaines, juridique, logistique) et la cybersécurité. Sur ce dernier point, le dirigeant évoque des usages défensifs mais aussi offensifs, avec des modèles capables de pénétrer des systèmes en enchaînant des failles, selon les propos rapportés de l'entretien. Il précise que la première version ne couvrira pas exactement toutes ces cibles, et exclut la médecine, faute de compétences et de données en interne.
D'abord pour ses propres besoins
« Nous faisons d'abord ces modèles pour nous, avec nos données, pas celles de nos clients », assure Octave Klaba. La précision comptera pour les entreprises hébergées chez OVHcloud, souvent attirées par la promesse d'un cloud européen. En parallèle, le groupe prépare le pilote d'OVHai Workspace, une suite de messagerie et d'applications professionnelles présentée en juin.
Un pari appuyé sur de meilleurs résultats
Le contexte financier aide. Pour l'exercice clos fin août, OVHcloud a publié un chiffre d'affaires de 1,145 milliard d'euros, en croissance organique de 7,2 %, et vise plus de 10 % pour 2027. L'action a bondi d'environ 9 % le 20 octobre au matin, selon BFM Bourse. Le groupe dispose de 250 mégawatts de capacité électrique raccordée, dont 140 en exploitation, et dit pouvoir accueillir de nouveaux clients sur environ la moitié de son cloud.
Octave Klaba reste sévère avec Bruxelles. Selon Reuters, il juge insuffisants l'engagement public proposé de 200 millions d'euros sur cinq ans pour acheter des services d'IA, et il avait qualifié le mois précédent les projets européens de gigafactories d'IA de « vouées à l'échec ». Un discours proche de celui du patron de Mistral, qui appelait récemment l'Europe à construire ses propres modèles de pointe.
Ce qu'il faudra regarder fin novembre
Pour un responsable informatique, il n'y a rien à tester pour l'instant. Si le modèle sort bien en open source fin novembre, trois éléments diront s'il compte : la licence réelle des poids, sa taille et donc le matériel nécessaire pour le faire tourner, et des évaluations menées par d'autres qu'OVHcloud face à Mistral Large 4 et aux modèles ouverts chinois.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.
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