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Le Texas veut qu'un expert nommé par un juge valide chaque nouvelle IA d'OpenAI avant sa sortie

Le procureur général du Texas a porté plainte le 23 octobre contre OpenAI et Sam Altman. Il réclame aussi que ChatGPT soit fermé aux mineurs. Ce que contient la plainte, et pourquoi elle fait débat.

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La plainte s'ouvre sur une phrase de Sam Altman datant de 2015 : l'IA mènera « très probablement à la fin du monde, mais en attendant, il y aura de belles entreprises ». C'est avec cette citation que Ken Paxton, procureur général du Texas, attaque OpenAI et son patron. La plainte a été déposée le 23 octobre devant le tribunal du comté de Collin, rapporte le Texas Tribune.

Il accuse l'entreprise d'avoir trompé et lésé les Texans en présentant ChatGPT comme sûr, et de ne pas l'avoir suffisamment encadré. Surtout, il demande une injonction aux effets très larges : OpenAI devrait bloquer l'accès des mineurs à son produit et obtenir l'accord d'un évaluateur nommé par le tribunal avant de sortir tout nouveau modèle.

De quoi le Texas accuse-t-il ChatGPT ?

Le communiqué du procureur, cité par le Texas Tribune, dresse une liste de torts. Des auteurs de tueries de masse auraient été aidés et des personnes fragiles poussées au suicide. Des professionnels auraient été humiliés en public, des utilisateurs auraient perdu leur esprit critique, et des mineurs seraient devenus dépendants sans aucun contrôle parental. Selon le procureur, OpenAI connaissait ces dangers et les a ignorés pour dominer la course à l'IA. La plainte vise aussi Sam Altman personnellement.

Le Texas n'est pas seul. La Floride avait attaqué OpenAI et son patron dès juin, et huit États avaient chacun porté plainte le 14 octobre en accusant l'entreprise d'avoir trompé les parents sur la sécurité de ChatGPT et nui aux enfants. La demande texane va plus loin : faire valider chaque nouveau modèle par un tiers désigné par la justice.

Ce que répond OpenAI

Un porte-parole d'OpenAI, cité par le Texas Tribune, assure que l'entreprise a travaillé avec des experts pour réduire les risques et ajouter des garde-fous. Il ajoute que les gouvernements ont un rôle important à jouer dans les normes de sécurité de l'IA. OpenAI se dit prête à travailler avec le Texas et les autres États sur des règles qui s'appliqueraient à tout le secteur, « pas à une seule entreprise ».

Un procureur, un concurrent et un donateur

Cette dernière remarque prend un relief particulier avec le contexte que détaille le Texas Tribune. Elon Musk a cofondé OpenAI, l'a quittée en 2018 après un différend avec Sam Altman, puis a fondé son concurrent xAI. Il est aujourd'hui le premier donateur de la campagne de Ken Paxton pour le Sénat, avec près de 200 millions de dollars. Le chatbot de xAI, Grok, a été critiqué pour avoir permis de créer des images pornographiques truquées, y compris d'enfants. La Californie a ouvert une enquête sur ce point. Le Texas, lui, n'a rien engagé contre Elon Musk.

Ken Paxton n'en est pas à son coup d'essai : en un an, il a poursuivi Meta, TikTok, Snapchat et Roblox, ou conclu des accords avec eux, au nom de la protection des consommateurs et surtout des enfants. Pour cette affaire, l'État a fait appel à des avocats extérieurs, dont Tony Buzbee, qui l'avait défendu lors de sa procédure de destitution en 2023.

Ce qu'il faut surveiller

Une plainte n'est pas une décision. Il appartiendra au tribunal du comté de Collin de dire si un contrôle préalable de chaque nouveau modèle peut être imposé à OpenAI. En Europe, le règlement sur l'IA (AI Act) passe par la loi plutôt que par le juge : il fixe déjà des obligations aux fournisseurs de grands modèles. La prochaine étape sera la réponse écrite d'OpenAI au tribunal.

Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.

#ChatGPT #Justice #OpenAI #Protection des mineurs

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