Character.AI en faillite : Disney propose 20 millions de dollars pour une partie des actifs
Le service de chatbots Character.AI s'est placé sous la protection du chapitre 11 aux États-Unis. L'offre de Disney sert de prix plancher et la plateforme reste ouverte pendant la procédure.

Character.AI, l'un des services de chatbots les plus populaires depuis l'arrivée de ChatGPT, s'est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. L'information, révélée par Variety et Reuters, a été reprise par de nombreux médias le 13 octobre 2026. La société a lancé une vente de ses actifs sous le contrôle du tribunal, et Disney s'est positionné en premier avec une offre de 20 millions de dollars.
Une offre plancher de Disney
Disney s'engage à verser 20 millions de dollars, notamment en échange d'une licence perpétuelle et non exclusive sur une partie de la propriété intellectuelle de la société. Aux États-Unis, ce premier enchérisseur est appelé « stalking horse » : son offre fixe le prix plancher et d'autres repreneurs peuvent surenchérir. La vente doit être approuvée par le tribunal et devrait aboutir fin novembre ou début décembre. Selon les documents judiciaires, l'actif et le passif de la société mère, Character Technologies, se situent chacun entre 50 et 100 millions de dollars.
Les liens avec Disney ne datent pas d'hier. En septembre 2025, le groupe avait mis Character.AI en demeure de cesser d'utiliser ses personnages. En septembre 2026, il a recruté le directeur général de la start-up, Karandeep Anand, comme directeur technique. Son successeur, Colin Adams, a déclaré que la vente sous contrôle judiciaire offrait « la meilleure occasion de maximiser la valeur » pour toutes les parties. Il a aussi évoqué de lourdes difficultés juridiques, réglementaires et opérationnelles.
De la licorne à la faillite
Noam Shazeer et Daniel De Freitas, deux anciens chercheurs de Google, ont fondé la start-up en 2021. Elle était valorisée à un milliard de dollars en 2023. À l'été 2024, Google a réembauché les deux fondateurs et une trentaine de chercheurs, et payé environ 2,7 milliards de dollars pour une licence sur la technologie. Selon le média européen Trending Topics, Character.AI a ensuite cessé de développer ses propres modèles et s'est tournée vers des modèles tiers.
L'entreprise a aussi été poursuivie à plusieurs reprises aux États-Unis. L'une de ces plaintes a été déposée par une mère de Floride : en 2024, son fils de 14 ans s'est suicidé après des mois de conversations avec un chatbot. D'après le quotidien autrichien Der Standard, un accord a été conclu début 2026 avec cette mère, dont les termes n'ont pas été rendus publics. Fin 2025, la plateforme avait interdit aux mineurs les conversations ouvertes.
Ce que ça change pour les utilisateurs
- Selon la société, le service reste ouvert pendant la procédure, sans changement pour les abonnements ni la facturation. Les abonnés seront prévenus de toute modification des fonctions payantes.
- Les utilisateurs peuvent exporter leurs données ou supprimer leur compte.
- Si aucun repreneur ne poursuit l'exploitation, la plateforme fermera.
Pour les entreprises, l'épisode montre qu'un service d'IA grand public peut disparaître ou changer de propriétaire en quelques semaines, avec les conversations qu'il conserve. C'est une raison de plus pour recenser et encadrer les outils d'IA utilisés par les salariés.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE.
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