Un revendeur affirme détenir 450 000 fiches de l'Ircantec, la retraite des contractuels publics
L'annonce, publiée le 22 octobre, n'est confirmée ni par l'Ircantec ni par la Caisse des Dépôts, et l'échantillon diffusé appelle à la prudence. Ce qu'il contiendrait et les réflexes à adopter si vous êtes affilié.

L'annonce tient en quelques mots : « [FR] Ircantec 450K ». Publiée le 22 octobre sur un forum fréquenté par des cybercriminels, elle propose à la vente une base de données présentée comme celle de l'Ircantec. Cette caisse gère la retraite complémentaire des agents non titulaires de l'État et des collectivités. Elle est administrée par la Caisse des Dépôts.
Le vendeur signe « fentag », selon le site FrenchBreaches. Il dit agir comme intermédiaire pour le compte d'une connaissance et n'affiche aucun prix : les acheteurs sont invités à faire une offre. À ce stade, ni l'Ircantec ni la Caisse des Dépôts n'ont confirmé d'intrusion.
Que contiendrait le fichier ?
D'après l'annonce, le fichier contiendrait des noms, prénoms, numéros de téléphone, adresses e-mail et adresses postales. Fuites Infos a analysé un échantillon de 1 000 lignes et y a aussi trouvé des dates de naissance. Dans les éléments qu'il a examinés, FrenchBreaches n'a repéré ni mot de passe, ni numéro de sécurité sociale, ni coordonnées bancaires.
Plusieurs indices invitent pourtant à la prudence. Le vendeur reconnaît lui-même que certaines fiches sont incomplètes. Selon Fuites Infos, rien dans l'échantillon ne mentionne l'Ircantec. Une partie des lignes correspond à des adresses d'organisations plutôt qu'à des particuliers, et aucune date ne permet de savoir de quand datent les données. Le chiffre de 450 000 personnes n'est vérifié par personne. Un nombre de lignes annoncé par un vendeur ne dit pas combien de personnes sont réellement concernées.
Une première alerte en 2025
L'Ircantec n'en est pas à sa première alerte. En février 2025, la Caisse des Dépôts avait confirmé à l'AFP qu'un attaquant avait accédé de façon illégitime aux données personnelles de certains affiliés, environ 70 000 personnes dont un millier d'élus locaux. Il s'était servi des identifiants de plusieurs employeurs publics. Selon Fuites Infos, aucun élément ne relie pour l'instant cet incident à la base proposée aujourd'hui.
Les fichiers d'agents publics attirent les vendeurs de données. Le 11 octobre, France Travail vérifiait déjà une fuite revendiquée de 62 848 fiches d'agents.
Les bons réflexes si vous êtes affilié
Même sans confirmation, la prudence s'impose. Si la base est authentique, elle pourrait servir à envoyer des messages frauduleux au nom de votre caisse de retraite, avec votre vrai nom et votre vraie adresse.
- Méfiez-vous des e-mails, SMS et appels qui se réclament de l'Ircantec ou de la Caisse des Dépôts, surtout s'ils parlent d'un dossier de retraite à régulariser.
- Ne communiquez jamais de mot de passe, de code reçu par SMS ni de coordonnées bancaires à un interlocuteur que vous n'avez pas vérifié.
- Pour accéder à votre espace, tapez vous-même l'adresse du site officiel plutôt que de cliquer sur un lien reçu.
- Si quelqu'un usurpe votre identité, portez plainte. Le dispositif cybermalveillance.gouv.fr peut accompagner les victimes.
Tout dépend désormais de la réponse de l'Ircantec et de la Caisse des Dépôts : confirmation, démenti ou silence. En 2025, la Caisse avait informé les affiliés touchés. Cette fois, elle ne s'est pas encore exprimée.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.
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