Alerté par l'État, le Parti communiste confirme la fuite de son fichier d'adhérents
Un pirate dit détenir un fichier de près de 190 000 membres, chiffre que le PCF ne confirme pas. Ce que l'on sait des données exposées et les précautions à prendre.

Ce n'est pas le parti qui a découvert la fuite. Le vendredi 23 octobre, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a prévenu le Parti communiste français (PCF) que son fichier d'adhérents et de sympathisants circulait. Le jour même, le parti publiait un communiqué pour confirmer l'incident.
Selon le site spécialisé FrenchBreaches, cité par franceinfo, une personne affirme détenir un fichier concernant près de 190 000 membres. Le même site évoque des noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone et adresses e-mail. Le PCF n'a confirmé ni ce chiffre ni la liste des données à ce stade.
Ce que le parti reconnaît, et ce qu'il ne sait pas encore
Le PCF dit avoir « immédiatement engagé la sécurisation de ses systèmes », selon franceinfo. Les investigations doivent établir l'origine de la fuite, son ampleur et la nature exacte des données volées. Le parti affirme que le fichier ne contient ni coordonnées bancaires ni moyens de paiement, et qu'« aucune donnée bancaire n'a été compromise ».
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a été notifiée, comme l'impose la loi. Le parti annonce qu'il va porter plainte, présente ses excuses et promet d'informer par courriel les personnes concernées. Franceinfo ne nomme pas l'auteur de la revendication.
Pourquoi un fichier politique est plus sensible qu'une base clients
Figurer dans le fichier d'un parti révèle une opinion politique. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) classe ces informations parmi les données dites sensibles, qui bénéficient d'une protection renforcée. Le PCF lui-même qualifie les données de « hautement sensibles ».
La France a déjà connu des cas proches : en octobre, des pirates ont revendiqué le vol des données du site des Républicains, que le parti a démenti, comme nous l'avions raconté. En Allemagne, l'AfD a confirmé le piratage de l'hébergeur de ses boîtes mail.
Que faire si vous êtes adhérent ou sympathisant ?
Pas de coordonnées bancaires dans le fichier, selon le parti : le risque principal est l'hameçonnage, c'est-à-dire des messages frauduleux qui s'appuient sur votre lien avec le parti pour paraître crédibles. Le PCF appelle d'ailleurs à la vigilance face aux courriels, appels et SMS suspects.
- Méfiez-vous des messages qui invoquent votre adhésion pour réclamer une cotisation, un don ou une « mise à jour » de vos informations : vérifiez auprès de votre fédération par un canal que vous connaissez.
- Ne cliquez pas sur les liens reçus par SMS, et ne communiquez jamais un code reçu par téléphone.
- Attendez-vous à des démarchages ciblés à votre adresse postale ou par téléphone.
- En cas de doute, vous pouvez signaler un SMS frauduleux au 33700 et trouver de l'aide sur cybermalveillance.gouv.fr.
Les questions qui restent ouvertes
Comment le fichier est-il sorti : piratage d'un serveur, compte d'accès détourné, prestataire ? Combien de personnes y figurent vraiment, et depuis quand ? Le parti promet de revenir vers ses adhérents. Le chiffre réel et l'origine de la fuite diront si l'incident se limite au PCF ou touche un outil partagé par d'autres organisations.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.
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