Stellantis prépare des voitures sans chauffeur en France avec NVIDIA
Annoncé le 23 octobre avec le soutien du gouvernement, le projet associe des voitures Stellantis, l'IA de conduite du britannique Wayve et les puces de NVIDIA. Aucune ville ni nombre de véhicules n'est encore donné.

Le décor, ce sont les Assises du véhicule autonome, à Paris, le 23 octobre. L'annonce tient en une phrase : Stellantis, la start-up britannique Wayve et NVIDIA vont travailler avec le gouvernement français pour faire rouler des voitures sans chauffeur en France, puis accélérer leur arrivée dans le reste de l'Union européenne. Uber serait aussi de la partie, selon le Journal de l'Automobile, qui cite Stellantis.
Ce que l'annonce ne contient pas compte tout autant. Aucune date de lancement, aucune taille de flotte, aucune ville n'a été donnée. Selon The Next Web et le Journal de l'Automobile, des partenaires locaux exploiteront les véhicules et devront d'abord consulter syndicats, collectivités et acteurs de la mobilité.
Qui fait quoi dans la voiture ?
Stellantis apporte des véhicules conçus pour le niveau 4 d'autonomie, celui où la voiture se conduit seule, sans surveillance humaine, dans une zone définie. Wayve fournit le conducteur artificiel, son logiciel AI Driver. NVIDIA fournit l'ordinateur et les capteurs de bord (sa plateforme Hyperion) ainsi que son système d'exploitation Halos OS. Uber apporterait son réseau de réservation.
La méthode de Wayve est le cœur du pari. Selon le Journal de l'Automobile, son logiciel repose sur un apprentissage profond « de bout en bout » : un seul réseau de neurones passe des images des capteurs aux décisions de conduite, sans cartes en haute définition ni règles codées à la main. L'intérêt affiché est de pouvoir rouler dans une nouvelle ville sans la cartographier au préalable. Wayve dit avoir testé sa technologie dans 500 villes. À Londres, où elle propose depuis septembre des courses avec Uber, toujours avec un conducteur de sécurité à bord, elle revendique environ 140 000 utilisateurs inscrits. Ces chiffres viennent de l'entreprise et n'ont pas été vérifiés de façon indépendante.
Ce que promet l'État
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a annoncé que la France adapterait ses règles pour accélérer l'arrivée des véhicules autonomes, « tout en maintenant des exigences strictes en matière de sécurité et de souveraineté des données ». Aucun texte n'est encore annoncé. Le cadre européen reste contraignant : selon The Next Web, la seule voie d'homologation des voitures entièrement autonomes est plafonnée à 1 500 véhicules par an. Les sources ne disent pas comment ce plafond s'appliquerait au projet.
La souveraineté est revenue dans tous les discours. Stellantis veut faire de la France « l'un des principaux pôles européens de la mobilité fondée sur l'intelligence artificielle ». Nourie Boraie, responsable des affaires publiques de Wayve pour l'Europe, parle d'une « solution d'IA souveraine ». Le logiciel est pourtant britannique et le matériel américain.
Un retard que personne ne cache
« La Chine et les États-Unis sont vraiment en avance », reconnaît Anne-Laure Vincke, responsable de l'innovation chez Stellantis, citée par le Journal de l'Automobile. L'Europe compte encore peu de courses sans chauffeur : les premières entièrement sans conducteur ont lieu à Zagreb, avec le logiciel du chinois Pony.ai, selon The Next Web. Début octobre à Turin, Stellantis et Wayve avaient montré une Fiat 500e et un Maserati Grecale roulant sans les mains, une aide à la conduite supervisée dont le lancement est prévu en 2028, d'abord en Amérique du Nord.
Pour une collectivité ou un exploitant de transport, l'annonce n'ouvre donc rien d'immédiat, mais elle fixe un calendrier politique. Il faudra surveiller deux choses : le texte réglementaire promis par le ministre, et le nom de la première ville candidate.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.
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