Le cofondateur du négociateur de rançons CYPFER arrêté aux États-Unis pour extorsion
Edward Dubrovsky, cofondateur de CYPFER, société qui négocie avec les auteurs de rançongiciels, a été arrêté le 8 octobre en Pennsylvanie. La presse relie l'affaire au groupe ShinyHunters, sans confirmation du FBI.

Edward Dubrovsky, citoyen canadien de 54 ans et cofondateur de CYPFER, a été arrêté le 8 octobre en Pennsylvanie par les autorités fédérales américaines. CYPFER est une entreprise spécialisée dans la négociation avec les cybercriminels et le paiement des rançons. D'après les documents judiciaires cités par BleepingComputer et CyberScoop, il est poursuivi pour association de malfaiteurs en vue de menacer la confidentialité de données afin d'extorquer de l'argent, une infraction prévue par la loi fédérale sur la fraude informatique. Il est aussi poursuivi pour extorsion au sens du Hobbs Act. La plainte est sous scellés : on ne sait donc pas précisément ce qui lui est reproché. Il est présumé innocent.
Un lien avec ShinyHunters, non confirmé officiellement
Le directeur du FBI, Kash Patel, a annoncé sur les réseaux sociaux l'arrestation d'un « autre complice présumé » du groupe ShinyHunters, sans le nommer. Le New York Times et Politico ont fait état de l'arrestation d'un Canadien en Pennsylvanie ; KrebsOnSecurity, s'appuyant sur plusieurs sources, l'a identifié comme étant Dubrovsky et rattache l'arrestation à l'enquête sur ShinyHunters. Le FBI n'a pas confirmé publiquement ce lien. Interrogés par CyberScoop, ni Dubrovsky ni CYPFER n'ont répondu.
Toujours selon BleepingComputer, Dubrovsky a d'abord comparu devant un tribunal fédéral de Pennsylvanie. Il a ensuite été transféré vers le district Est du Texas, où les poursuites ont été engagées, et reste en détention. Les documents judiciaires orthographient son nom « Dobrovsky ». Selon Politico, CyberSteward, autre société à laquelle il est associé, est un nom commercial de CYPFER.
ShinyHunters est un groupe d'extorsion qui vole des données dans des applications web et des plateformes SaaS (logiciels en ligne), puis exige une rançon. Selon le FBI, cité par BleepingComputer, le groupe et ses complices auraient touché plus de 140 organisations et encaissé plus de 70 millions de dollars en un an. Le FBI lui-même a été visé : selon CyberScoop, l'attaque contre ses systèmes a exposé des données personnelles de milliers de ses employés. D'autres membres présumés ont récemment été arrêtés, notamment aux Pays-Bas en septembre et en Jordanie.
Ce que cela change pour les victimes
L'affaire n'est pas jugée, mais elle met en lumière un acteur discret de la gestion de crise : le négociateur, souvent recommandé par l'assureur ou le prestataire de réponse à incident. Quelques réflexes à retenir :
- En France, les autorités déconseillent de payer : rien ne garantit la restitution ni la suppression des données. Portez plainte et signalez l'incident (et à la CNIL en cas de violation de données personnelles).
- Gardez la main sur la négociation : exigez de voir tous les échanges avec les attaquants et les justificatifs de chaque paiement.
- Vérifiez vos prestataires avant la crise : qui intervient, avec quel mandat, sur recommandation de qui. Prévoyez-le dans votre plan de réponse à incident et dans votre contrat d'assurance.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE.
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