JPMorgan interdit aux agents d'IA externes d'agir sur les comptes de ses clients
Le 13 octobre, Jamie Dimon a annoncé que JPMorgan refusait de laisser des agents d'IA tiers se connecter aux comptes de ses clients. La consultation en lecture seule reste permise, les virements non.

JPMorgan Chase, la première banque américaine, ne laissera pas les agents d'intelligence artificielle (IA) de sociétés tierces agir dans les comptes de ses clients. Son PDG, Jamie Dimon, l'a annoncé le 13 octobre 2026 lors de la présentation des résultats trimestriels de la banque : selon lui, la pratique serait trop risquée pour les clients comme pour la banque. Selon CNBC, des agents grand public comme Muse, de Meta, ou Instinct sont concernés.
Lecture seule, pas de virement
Une porte-parole de la banque a précisé à CNBC que JPMorgan n'autorise pas des tiers à récupérer les identifiants bancaires de ses clients pour se connecter à leur place. La banque dit soutenir le partage de données autorisé par le client, via les prestataires d'open banking. Concrètement, selon les comptes rendus de CNBC et de Briefs, un agent peut consulter des informations en lecture seule (comme le solde) par l'intermédiaire d'un connecteur tel que Plaid. Il ne peut en revanche ni déplacer de l'argent ni payer des factures. La banque n'a pas indiqué quand elle pourrait assouplir sa position.
Jamie Dimon a mis en garde contre les « rogue agents », des agents au comportement incontrôlé qui pourraient se compter « par milliers ». Il se dit ni pour ni contre les agents, et rappelle que la banque en utilise en interne et développe ses propres outils. Selon le Seoul Economic Daily, qui cite Forbes, il a aussi insisté sur un point : les clients doivent comprendre qui devient responsable lorsqu'ils donnent à une IA l'accès à leurs informations.
Une décision aussi commerciale
Cette décision intervient alors que les agents capables d'agir au nom de l'utilisateur se multiplient. Le 20 septembre, Amazon avait déjà bloqué Muse sur son site marchand, en lui reprochant notamment de ne pas s'identifier et de sembler conserver les identifiants des clients. Meta assure que Muse n'a pas accès à leurs mots de passe. Pour les banques, la question dépasse la sécurité. Un agent qui placerait automatiquement l'épargne là où elle rapporte le plus menacerait leurs dépôts peu rémunérés, une inquiétude relayée par plusieurs économistes. JPMorgan teste d'ailleurs son propre outil de placement automatique de trésorerie.
Les bons réflexes
En Europe, l'accès d'un tiers à un compte de paiement est encadré par la deuxième directive sur les services de paiement (DSP2). Elle impose de passer par des prestataires agréés et d'appliquer une authentification forte du client. Communiquer ses identifiants bancaires à un assistant d'IA reste une mauvaise idée : en cas d'opération frauduleuse, la banque pourrait reprocher au client une négligence. Avant de connecter un agent à un compte bancaire, personnel ou professionnel :
- privilégiez un accès en lecture seule, via un prestataire agréé ;
- ne partagez jamais votre mot de passe ni vos codes d'authentification ;
- vérifiez dans les conditions d'utilisation de l'agent qui est responsable en cas d'erreur.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE.
Partager cet article