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Un pirate diffuse les données de 61 000 malentendants, qu'il attribue au tiers payant Actil

Publié gratuitement le 26 octobre, le fichier contient des numéros de sécurité sociale et des remboursements de prothèses de personnes souvent âgées. Actil n'a rien confirmé, mais de faux appels de mutuelle sont à craindre.

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Le fichier pèserait environ 237 mégaoctets et remonte à mars 2013. Ses dernières lignes datent du 24 octobre 2026, deux jours seulement avant sa diffusion gratuite le 26 octobre sur un forum de cybercriminels. Son auteur signe Syrv4x, selon le site Cyberattaque.org. Il l'attribue à Actil, une plateforme lyonnaise de tiers payant administrée par des complémentaires santé, dont Apicil et Alptis. C'est notamment par elle qu'un assuré peut s'équiper d'appareils auditifs sans avancer les frais.

À ce stade, ni Actil ni les complémentaires qui l'administrent n'ont confirmé la fuite, souligne le site Fuites Infos. Comme Cyberattaque.org, il a analysé le fichier. Son origine exacte reste inconnue : le pirate ne donne aucun détail technique.

Qui figure dans le fichier ?

Le pirate annonce 152 187 lignes, un chiffre qui ne correspond pas au nombre de victimes. Cyberattaque.org y relève 13 105 doublons exacts et compte 60 790 numéros de sécurité sociale différents. Fuites Infos arrive à 60 806 assurés distincts. Près de neuf sur dix ont 60 ans ou plus, et 220 sont mineurs, selon ce dernier.

Les informations sur chaque assuré sont sensibles. On y trouve le nom, la date de naissance, le numéro de sécurité sociale, la complémentaire santé et le numéro d'adhérent, mais aussi le détail de l'appareillage : oreille équipée, marque et modèle de la prothèse. S'y ajoutent le prix, les montants remboursés et le reste à charge. Les deux sites relèvent aussi un indicateur de cécité, activé pour 428 personnes selon Cyberattaque.org. Ce sont donc des données de santé, que le RGPD protège plus strictement. Le fichier ne contiendrait en revanche ni adresse e-mail, ni téléphone, ni coordonnées bancaires, d'après Fuites Infos.

Pourquoi des arnaques pourraient suivre

Sans e-mail ni téléphone, où est le danger ? Les escrocs y gagnent en crédibilité. Un faux conseiller qui connaît le nom de votre mutuelle, la marque de votre appareil et ce qui est resté à votre charge inspire confiance. Les deux sites mettent en garde contre de faux appels ou courriers qui se présenteraient comme venant d'une mutuelle, d'un tiers payant ou d'un audioprothésiste. Associé à l'état civil, le numéro de sécurité sociale pourrait aussi servir à usurper une identité, prévient Fuites Infos.

La plupart des personnes concernées sont âgées, et c'est souvent à leurs proches de les prévenir.

Les bons réflexes

  • Ne donnez aucune information à un interlocuteur qui se présente comme votre mutuelle ou votre audioprothésiste sans l'avoir vérifié : raccrochez et rappelez vous-même l'organisme au numéro inscrit sur votre carte ou votre contrat.
  • L'Assurance maladie ne demande jamais de coordonnées bancaires par e-mail ou par SMS, rappelle Fuites Infos. En cas de doute, passez par votre compte ameli ou votre espace adhérent.
  • Parlez-en à vos proches équipés d'appareils auditifs, surtout s'ils vivent seuls.
  • Le site cybermalveillance.gouv.fr propose une aide gratuite aux victimes d'arnaques.

Reste la question principale : Actil a-t-elle été piratée, ou les données viennent-elles d'un autre maillon de la chaîne ? Cyberattaque.org rappelle qu'une complémentaire citée dans le fichier n'a pas forcément été piratée elle-même, et ne privilégie aucune piste : faille applicative, compte professionnel compromis, API ou autre système. Seuls Actil ou les complémentaires peuvent répondre. Si la fuite est avérée, le responsable du traitement devra aussi prévenir la CNIL. Le scénario du prestataire n'aurait rien d'inédit : chez Malakoff Humanis, les remboursements de santé ont pu fuiter par un prestataire attaqué.

Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.

#Actil #Arnaques #Fuite de données #Santé

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