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Un logiciel espion a ciblé trois fois l'iPhone de l'ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher

Apple l'a alertée deux fois en 2025, puis le 13 août 2026. Une enquête est ouverte, Pegasus serait écarté et l'élue se dit « pas touchée ». Ce qu'il faut faire si vous recevez une telle alerte.

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Le 13 août, une notification d'Apple arrive sur l'iPhone personnel d'Agnès Pannier-Runacher : l'appareil aurait été ciblé par un logiciel espion dit « mercenaire ». Ce n'est pas la première fois. La députée Renaissance du Pas-de-Calais avait reçu deux alertes semblables, les 5 mars et 29 avril 2025, quand elle était ministre de la Transition écologique.

L'affaire a été révélée le 20 octobre par Politico. Le lendemain, l'ancienne ministre l'a confirmée : « J'ai été visée deux fois en tant que ministre », a-t-elle déclaré selon L'Express, puis une troisième fois comme députée. D'après Apple, cité par Politico, il s'agit de trois attaques distinctes, et non de rappels concernant un même événement.

Une plainte, une enquête, aucun logiciel identifié

Le 28 septembre, Agnès Pannier-Runacher a porté plainte auprès de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui l'a entendue à deux reprises. Son téléphone a été examiné par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Le parquet de Paris a confirmé l'ouverture d'une enquête, confiée à sa section spécialisée dans la cybercriminalité, qui regroupe les trois épisodes.

Le logiciel utilisé n'a pas été identifié. Selon Politico, les enquêteurs écartent toutefois Pegasus, le logiciel espion de la société israélienne NSO Group. L'attaque a-t-elle réussi ? Rien ne l'établit. L'élue se dit « visée, mais en première analyse pas touchée » et n'a remarqué aucun comportement anormal de son téléphone. Au Monde, elle a précisé que la DGSI n'avait pas confirmé d'infection lors des premières alertes.

Qui pourrait être derrière ?

Selon Politico, les services de renseignement intérieur privilégient la piste d'une ingérence étrangère. Le site ZATAZ, qui s'appuie sur Politico, ajoute que le C4, une instance de coordination à laquelle participe notamment la DGSE, a été mobilisé, ce qui ne vaut pas attribution publique à un État.

L'ancienne ministre avance sa propre hypothèse : un lien avec son action en faveur de la sortie des énergies fossiles. Elle évoque « un pays proche des intérêts fossiles », sans le nommer. Aucune source officielle ne confirme cette piste à ce stade.

L'ANSSI n'a pas commenté ce cas. D'après ZATAZ, elle indique toutefois avoir traité ces trois dernières années plusieurs compromissions de téléphones de personnes travaillant auprès de hautes autorités gouvernementales. Ces logiciels vendus à des États peuvent parfois s'installer sans aucune action de la victime, comme l'a montré le cas de Candiru contre Al Jazeera. Rien ne dit en revanche que ce soit le mode opératoire employé ici.

Que faire si Apple vous envoie une telle alerte ?

Dans cette affaire, le téléphone semblait fonctionner normalement. C'est justement pourquoi ces alertes ne doivent pas être ignorées. Quelques réflexes :

  • prendre l'alerte au sérieux, même si l'appareil ne montre aucun signe anormal ;
  • ne pas réinitialiser le téléphone avant une analyse, car il peut contenir des traces utiles aux enquêteurs ;
  • mettre iOS à jour et activer le mode Isolement (Lockdown Mode), conçu par Apple pour les personnes exposées à ce type d'attaque ;
  • pour un élu, un dirigeant ou un agent public, prévenir sans attendre le service de sécurité de son organisation ou l'ANSSI, et envisager une plainte, comme l'a fait la députée.

Reste la question de fond : qui s'intéresse depuis plus d'un an au téléphone personnel de cette ancienne ministre ? L'enquête du parquet de Paris devra dire si les attaques visaient bien sa fonction, et si elles ont échoué comme le suggèrent les premières analyses.

Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.

#Apple #Ingérence étrangère #Logiciel espion #iPhone

Page éditeur : Apple · 95 failles exploitées

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