Fédération française de tir : un an après la fuite, un pirate met en vente des certificats médicaux de licenciés
Le 17 octobre, un pirate a mis en vente ce qu'il présente comme les données de 586 854 personnes liées à la FFTir. La fédération ne confirme rien pour l'instant. Ce que l'on sait et les réflexes à adopter.

Le 17 octobre, une nouvelle annonce apparaît sur un forum cybercriminel. Le vendeur dit détenir 40 Go de fichiers de la Fédération française de tir (FFTir) : 586 854 personnes, environ 64 000 photos d'identité et 19 000 documents, parmi lesquels des certificats médicaux et des badges de licence. Les sites spécialisés FrenchBreaches et Fuites Infos ont relayé la revendication le jour même.
À ce stade, rien n'est confirmé. La fédération ne s'est pas exprimée sur cette annonce, et tous les chiffres viennent du vendeur. Un détail invite à la prudence : selon Fuites Infos, la FFTir revendique elle-même environ 300 000 licenciés, moins que le volume annoncé. Fuites Infos précise que ce volume n'a pas été vérifié.
Un échantillon qui tient la route
Fuites Infos a analysé un extrait de 300 lignes publié par le vendeur. Il couvre 200 licenciés et 100 clubs alsaciens. Sur ces 100 clubs, 95 correspondent par leur nom et leur adresse à l'annuaire public de la fédération. Un peu plus de la moitié des fiches comportent une adresse postale, et 25 licenciés appartiennent à des catégories jeunes : ce sont des mineurs. En revanche, ni les photos d'identité ni les certificats médicaux n'ont pu être vérifiés.
Selon FrenchBreaches, l'intrusion aurait commencé par un compte compromis qui n'était pas protégé par la double authentification. Le pirate aurait ensuite exploité une faille de contrôle d'accès en faisant défiler des identifiants internes. Cette version vient du pirate et n'est pas confirmée. FrenchBreaches souligne aussi que rien ne permet pour l'instant de relier techniquement cette annonce à l'attaque de 2025.
Pourquoi cette fuite inquiète plus qu'une autre
La FFTir a déjà été piratée du 18 au 20 octobre 2025. D'après le parquet de Paris, cité par FrenchBreaches, environ 250 000 licenciés et 750 000 anciens licenciés étaient concernés. Le site officiel Cybermalveillance.gouv.fr précisait alors que l'état civil, les coordonnées et le numéro de licence avaient fuité, mais aucune donnée médicale ni bancaire.
La suite a montré à quoi pouvaient servir ces adresses. Le 8 avril 2026, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a indiqué que 20 à 30 cambriolages étaient potentiellement liés à la fuite, selon L'Essor. Des malfaiteurs se sont fait passer pour des policiers ou des gendarmes afin de récupérer des armes. Un jeune homme de 18 ans a été mis en examen en janvier 2026.
Si la nouvelle revendication se confirme, le fichier serait plus riche que celui de 2025 : documents d'identité, données de santé et mineurs. Un scénario proche de la fuite revendiquée chez les salles d'escalade Climb Up, mais avec une population bien plus exposée.
Les bons réflexes pour les licenciés
- Les forces de l'ordre ne viennent jamais chez vous ou ne vous appellent jamais pour récupérer vos armes à cause d'une fuite de données, rappelle Cybermalveillance.gouv.fr.
- Méfiez-vous des appels, SMS ou courriels qui citent votre club, votre numéro de licence ou votre fédération. Rappelez l'organisme par ses canaux officiels.
- Ne transmettez jamais de mot de passe, de code ou de copie de pièce d'identité à la suite d'une demande que vous n'avez pas sollicitée.
- En cas d'usurpation d'identité, gardez les preuves et portez plainte. Vous pouvez aussi saisir la CNIL.
Reste la question principale : s'agit-il d'une nouvelle intrusion, d'un accès encore ouvert ou de données anciennes reconditionnées ? Seule la fédération peut y répondre.
Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE.
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