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Anthropic dit ne plus embaucher que 9 % de débutants parmi ses ingénieurs, contre 27 % avant

Dans un rapport sur ses propres salariés, le créateur de Claude décrit un recrutement bouleversé par ses agents d'IA. Ce sont des données internes, invérifiables, que l'entreprise a tout intérêt à mettre en avant.

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Neuf pour cent. C'est désormais la part des débutants parmi les ingénieurs et chercheurs recrutés par Anthropic, contre 27 % auparavant. Le chiffre ne vient ni d'un syndicat ni d'un cabinet d'études, mais de l'entreprise elle-même, dans un rapport publié le 16 octobre sur l'évolution de l'emploi en son sein.

Le document est signé par quatre économistes d'Anthropic : Nathan Wilmers, Regina Catipon, Maxim Massenkoff et Peter McCrory. Il décrit ce que deviennent les métiers chez le créateur de Claude depuis que ses salariés travaillent avec des agents d'IA, ces programmes capables d'enchaîner des tâches seuls. Une précaution s'impose : Anthropic vend justement ces agents, et a tout intérêt à montrer qu'ils transforment le travail. Ses données internes ne sont pas vérifiables de l'extérieur.

Moins de juniors, mais pas moins d'ingénieurs

Le chiffre mesure une part, pas un effectif. Les recrutements techniques ont continué de croître en valeur absolue. La part des juniors dans les équipes techniques est passée de 21 % à 14 % depuis début 2025, et celle des départements techniques dans l'emploi total de 61 % à 56 % en un an. Selon le rapport, les offres pour débutants ont nettement reculé après décembre 2025. Dans une enquête interne d'avril, environ un tiers des responsables d'équipes d'apprentissage automatique et un cinquième des responsables de développement logiciel disaient embaucher moins à cause de l'IA.

Six heures d'agent pour une heure humaine

Le rapport chiffre aussi la place prise par les agents. En août 2026, les agents pilotés par les salariés auraient cumulé six fois plus d'heures de travail que les humains. Le calcul repose sur une hypothèse de 40 heures par semaine et par salarié, et compte le temps de calcul et d'utilisation d'outils des agents. Le nombre de contributions de code par ingénieur aurait été multiplié par cinq environ en six mois.

Un détail est moins flatteur : les sessions de Claude passent environ 80 % de leur temps à attendre une réponse humaine. Les salariés d'Anthropic, eux, s'attendent à ce que l'IA soit capable de faire 75 % de leur travail d'ici 2030, contre 28 % pour les autres Américains interrogés.

Ce que le rapport ne prouve pas

Les auteurs listent eux-mêmes plusieurs limites. Les salariés n'adoptent pas les outils au hasard. Les salariés qui ont adopté les agents autonomes produisaient déjà de plus en plus avant de les adopter. Et plus de code ne veut pas dire meilleur code. Une grande partie des éléments est descriptive : données internes, 17 entretiens et analyse automatisée des journaux d'agents. L'accueil a été en partie méfiant. Sur la plateforme pour développeurs daily.dev, qui compile les discussions de Hacker News, le scepticisme dominait, notamment envers un rapport publié par l'entreprise elle-même et jugé invérifiable.

Anthropic n'est pas non plus une entreprise ordinaire. Son chiffre d'affaires aurait atteint 16,8 milliards de dollars en trois mois, selon la presse. Selon le rapport, son chiffre d'affaires par salarié est deux à quatre fois celui de Meta ou de Google au même âge. Les auteurs reconnaissent que beaucoup de leurs pratiques ne sont pas transposables ailleurs.

Qui paiera la transition ?

Le rapport admet que les mesures internes d'Anthropic, comme le redéploiement des salariés ou l'actionnariat salarié, n'empêcheront pas les destructions d'emplois et ne répondent pas au ralentissement de l'embauche des juniors. Ses auteurs demandent aux gouvernements de financer la reconversion et le soutien au revenu. Le 18 octobre, l'entreprise a annoncé un fonds d'intérêt public doté de 5 % de ses actions, sous réserve de l'accord des actionnaires. Ce fonds pourrait notamment financer des réponses à l'instabilité du marché du travail. Anthropic présente ce mécanisme comme une alternative aux primes en actions croissantes que les entreprises technologiques accordent souvent à leurs dirigeants.

Reste une question que le rapport n'aborde pas : si les entreprises les plus avancées recrutent moins de débutants, où se formeront les experts de demain ?

Méthode : veille assistée par intelligence artificielle, sources vérifiées, article relu et validé par Frédéric LENQUETTE. Notre charte éditoriale.

#Agents d'IA #Anthropic #Emploi

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